Le projet

1. Qu’est-ce que Meeting of Minds ?
2. Quels sont les objectifs ?
3. Quelle est la procédure ?
4. Pourquoi un débat entre citoyens européens ?
5. Pourquoi délibérer sur les sciences du cerveau ?
6. Comment est constitué le panel européen ?
7. Qui sont les partenaires du projet ?


1. Qu’est-ce que Meeting of Minds ?

Meeting of Minds, intitulé en français Sciences du Cerveau et Société : un débat entre citoyens européen, est un projet pilote de deux ans, mené par un panel européen de 126 citoyens. L’initiative a été lancée en 2004 par un consortium de musées scientifiques, d’instituts d’évaluation technologique, d’institutions académiques et de fondations publiques de neuf pays d’Europe, avec le soutien de la Commission européenne.

Ce projet offre aux citoyens européens qui y participent une opportunité exceptionnelle de s’informer sur l’impact des neurosciences sur leur vie quotidienne, de discuter et de poser leurs questions à des experts européens renommés, à des chercheurs et à des responsables politiques, de rencontrer et d’échanger avec des citoyens d’autres régions d’Europe et de contribuer personnellement à l’élaboration d’un rapport sur ce qui, dans le champ des neurosciences, semble possible et souhaitable aux yeux des Européens.
Grâce à cette démarche, le projet Meeting of Minds espère répondre aux vœux des instances européennes : impliquer le public dans les débats futurs sur la recherche scientifique, les choix technologiques et la gouvernance.


2.Quels sont les objectifs ?

L’objectif de cette initiative, Meeting of Minds , est d’amener des citoyens européens à participer à une discussion et à une réflexion publiques sur les enjeux des neurosciences, au côté de chercheurs, d’hommes politiques, de spécialistes de l’éthique, des divers acteurs concernés, ainsi que de représentants des organes décisionnaires européens.
En tant que tel, ce projet vise à fournir des éléments « d’aide à la décision » pertinents, aux politiques européens et à élargir le débat public autour des neurosciences. Il contribuera également à inscrire cette question sur l’agenda politique.
Enfin, Meeting of Minds , concourt à l’émergence de nouvelles formes de débat social et de procédures de décision au niveau européen


3.Quelle est la procédure ?

Le projet consiste en trois rencontres nationales dans chaque pays partenaire, et deux rencontres européennes, qui se tiendront courant 2005 et début 2006.

Au départ, 126 citoyens originaires de 9 pays d’Europe sont invités à explorer le champ des neurosciences, accompagnés par des experts. Ce processus doit aboutir à la création d’un cadre commun définissant les questions qu’ils estiment nécessaires de soumettre à une réflexion plus approfondie. Les panels nationaux prennent alors le relais, pour examiner ces points et les mettre en discussion lors de deux débats au niveau national. Chaque panel national élabore ses propres conclusions, sur ce qui lui paraît souhaitable ou non, sur les espoirs ou les craintes que suscitent le développement des neurosciences. Les enjeux les plus importants sont mis à l'ordre du jour de la réunion européenne.

Lors de la seconde convention européenne, le panel européen examine les conclusions et recommandations émises lors des débats nationaux. Il analyse alors les points d'accord ou de désaccord et les enseignements qui peuvent en être tirés. Les résultats de ces discussions sont intégrés dans un rapport européen final, qui sera diffusé auprès des plus hautes instances européennes et des représentants de la communauté scientifique de toute l’Europe, lors d’une cérémonie publique.
L’un des principaux objectifs de cet exercice est de créer une dynamique de dialogue, au niveau européen, entre le grand public et les décideurs politiques à propos des questions relatives aux progrès des sciences.


4. Pourquoi un débat entre citoyens européens ?

Au cours des quinze dernières années, nous avons assisté à une forte croissance de ce que l’on appelle généralement "les procédures participatives d’évaluation des technologies » et de l’utilisation de ces méthodes participatives à des fins prospectives dans divers contextes nationaux européens. D’une manière générale, le but de ces procédures participatives d'évaluation, est d’examiner et de traiter de l'impact social des sciences et des techniques, en s'appuyant sur la participation active de citoyens, des acteurs concernés et de responsables politiques regroupés dans différentes instances. Les effets escomptés de l’évaluation technologique participative sont : (1) d’améliorer la prise en compte de la demande sociale chez les experts, les différents acteurs et les citoyens ; (2) de stimuler le débat public ; (3) de formuler des recommandations à l’intention des politiques.

Dans le domaine des biotechnologies notamment, la participation du public est devenu un outil d’évaluation, de prévision et de réflexion politique, fréquemment employé. Cependant en pratique, les tentatives pour lancer des initiatives participatives au niveau européen, demeurent rares et limitées.
Ce débat entre citoyens européens (Meeting of Minds) doit être considéré comme une tentative sérieuse et concertée, des organismes majeurs de ce secteur, d’appliquer les méthodes d'évaluation et de prospective technologique participatives au niveau européen. Il répond donc aux diverses voix qui réclament une plus grande participation du public à l’évaluation des technologies, à l’élaboration des politiques et au débat public sur un plan européen.

Ce débat contribuera de façon concrète et tangible à inscrire à l'ordre du jour des agendas officiels européens la question de la gouvernance de la recherche. Cette question figure dans les programmes de la Commission européenne pour la Zone de recherche européenne (European Research Area, ERA, 2000) qui prévoient une plus grande interaction entre les scientifiques et les différents acteurs concernés (dont les citoyens) dans les domaines de la recherche et du développement, ainsi que dans l’élaboration des politiques relatives à ces domaines.


5. Pourquoi délibérer sur les sciences du cerveau ?

Le champ des neurosciences revêt une importance croissante pour la société. À cela, plusieurs raisons :

Premièrement, la communauté scientifique estime que nous commençons réellement à comprendre le fonctionnement du cerveau de façon à la fois inédite et scientifiquement productive. La neuro-imagerie facilite la compréhension du cerveau vivant et actif. L’introduction des techniques de biologie moléculaire conduit à une révolution tout aussi importante dans la compréhension de la neurochimie et du fonctionnement cellulaire du cerveau normal et pathologique.

Deuxièmement, l’espérance de vie moyenne en Europe ayant augmenté au cours des dernières décennies, les équilibres démographiques évoluent. La population « vieillie ». D’où, une incidence accrue des nombreux troubles neurodégénératifs liés à l’âge (Parkinson et d’Alzheimer…). Si l'on ajoute à cela l'augmentation du nombre de cas psychiatriques observés, on imagine aisément une hausse de la demande de moyens capables de soulager ou de guérir les maladies liées au cerveau.

Troisièmement, des avancées théoriques majeures dans le domaine des neurosciences cognitives ont ouvert la voie à une meilleure analyse des fonctions cognitives. Ces différents domaines ont bénéficié de l'incroyable développement de la puissance de calcul des ordinateurs. Situation sans précédent qui débouche sur des progrès significatifs au niveau du diagnostic, des traitements neurochirurgiques et pharmacologiques et même des développements de cyborgs (organismes de type cybernétique).


6. Comment est constitué le panel européen ?

Le citoyen non spécialiste se situe au cœur de cette initiative. Le panel européen est composé de 126 personnes originaires de 9 pays d’Europe : l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Elles détermineront quels sont les enjeux sociaux majeurs dans le champ des neurosciences.

Chaque pays a son propre panel de citoyens « national » qui se compose de 14 personnes. Les 9 « panels nationaux » sont sélectionnés par une « équipe projet nationale ». La Belgique compte deux équipes projet et donc deux panels : l’un pour la communauté flamande, l’autre pour la communauté wallonne. Elles enverront à elles deux une délégation de 14 citoyens belges qui intègreront le panel européen.


7. Qui sont les partenaires du projet ?

Ce débat européen sur les sciences du cerveau (Meeting of Minds) est l’initiative d'un groupe international constitué de douze organisations issues de neuf pays de la Communauté européenne. Coordonnées par la Fondation Roi Baudouin, ces organisations ont choisi de mettre en commun leurs compétences et leur expérience respectives dans le domaine de la consultation publique pour collaborer à cette « première » en matière de prise de décision publique.

1) Fondation Roi Baudouin (Belgique)
Cette fondation à but non lucratif, indépendante de l’appui et de l’influence gouvernementale, a choisi une démarche pluraliste pour accomplir sa mission d’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population. Basée en Belgique, la FRB est une fondation européenne, active aux niveaux local, régional, fédéral, européen et international. La FRB assure le financement et la coordination du projet Meeting of Minds.

2) Université de Westminster (Londres, Grande-Bretagne)
Les spécialistes de l’évaluation technologique participative et des études scientifiques et technologiques du CSD (Centre for the Study of Democracy) de l’Université de Westminister fournissent les conseils scientifiques et méthodologiques. Le CSD assure l’évaluation interne et la coordination méthodologique du projet Meeting of Minds.

3) L’Institut flamand pour l’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Communauté flamande de Belgique)
L’organisme d’évaluation des choix technologiques du Parlement régional des Flandres partage avec l’Université de Liège la responsabilité de la contribution belge à ce projet.

4) Conseil danois pour la Technologie (Danemark)
Le Conseil danois pour la Technologie est l’institution parlementaire chargée de l’évaluation des choix technologiques au Danemark. Le rôle de ce Conseil indépendant est d’assurer l’évaluation des technologies, de conseiller le Parlement et le Gouvernement et de discuter des problèmes soulevés par la technologie au niveau national.

5) Cité des Sciences et de l’Industrie (France)
La Cité des Sciences et de l’Industrie est un musée scientifique qui accueille près de trois millions de visiteurs par an. Au travers de ses expositions permanentes et temporaires, de ses programmes de conférences et débats, elle applique une stratégie de diffusion de la culture scientifique tout en renforçant le dialogue entre la science et la société.

6) Stiftung Deutsches Hygiene-Museum (Allemagne)
Le Musée allemand de l’Hygiène est un musée scientifique qui présente l’impact de la science sur la société du XXIe siècle. De vocation pédagogique, cette institution encourage la discussion sur les tendances de la science et de la recherche.

7) Fondazione IDIS - Città della Scienza (Italie)
Cette organisation à but non lucratif a pour mission de jouer un rôle directeur dans la diffusion des connaissances scientifiques et de l’innovation technologique. Investie de fonctions variées, elle propose des services comme un Centre des Sciences dont l’objectif premier est d’établir un dialogue entre la science et la société.

8) Institut Rathenau (Pays-Bas)
Organisation indépendante, fondée et financée par le ministère hollandais de l’Education, de la Culture et des Sciences, l’Institut Rathenau a pour mission d’encourager la formation d’une opinion publique et politique sur les progrès des sciences et des technologies.

9) Science Museum’s Dana Centre (Royaume-Uni)
Le Science Museum entretient une longue tradition de discussion avec ses visiteurs et le grand public en général, sur les questions d’actualité. Le Dana Centre – nouvel établissement du Museum qui permet aux adultes de discuter des problèmes des sciences contemporaines – est devenu un point de mire national de l’engagement du public dans les activités scientifiques.

10) Université de Debrecen, Centre de recherche médicale et de santé (Hongrie)
Le Centre, qui est responsable de la diffusion de soins de santé modernes auprès de la plus grande partie possible de la population du Nord-Est de la Hongrie, est l’un des points centraux de la recherche médicale nationale. Plusieurs de ses services de recherche scientifique et clinique travaillent sur le cerveau.

11) Fondation Eugenides (Grèce)
Organisme indépendant et à but non lucratif, cette fondation à vocation sociale a pour mission de développer l’éducation scientifique, technologique et technique de la jeunesse grecque et de promouvoir la Science et la Technologie auprès du grand public. Elle travaille actuellement à la création d’un Institut de recherche pour les interfaces entre Science et Société. Cet Institut collaborera étroitement avec toutes les parties prenantes du pays comme à l’étranger, ainsi qu’avec les organismes publics décisionnaires pour promouvoir la participation publique aux procédures de décisions politiques.

(12) Université de Liège, SPIRAL (Communauté francophone, Belgique)
SPIRAL (Scientific and Public Involvement in Risk Allocations Laboratory) est un centre de recherche dans le domaine de l’analyse des risques et de la participation publique. Le centre encourage des méthodes de délibération démocratique en matière de progrès scientifique et d’innovation technologique. L’université de Liège partage avec l’Institut flamand pour l’évaluation des choix scientifiques et technologiques la responsabilité de la contribution belge à ce projet.

Cette initiative bénéficie également du soutien de la DG Recherche de la Commission européenne, au titre du 6e Programme cadre pour la recherche et le développement technologique dans l’Union européenne. Le plan d’Espace européen de la recherche de la Commission européenne envisage une plus grande interaction entre les scientifiques et les parties prenantes, et notamment les citoyens, dans la prise de décision politique concernant la recherche et le développement.